La stérilisation comme moyen de contraception - La question de la réversibilité

29.01.2018
Stérilisation Contraception

Réflexion suite à l’article  « Stérilisation : la France peine à sauter le pas »

Par Marlène Thomas — Libération 18 janvier 2018

 

« Si la loi de 2001 a rendu la pratique légale, les hommes et femmes qui souhaitent y recourir se heurtent au refus des médecins et à la pression familiale. Souvent réversible, cette méthode de contraception reste étrangère aux mœurs françaises, contrairement aux pays anglo-saxons. »

Dans son article la journaliste déplore la réticence des gynécologues à avoir recours aux techniques de stérilisations particulièrement chez des adultes jeunes ou n’ayant pas d’enfant arguant du caractère réversible de ces techniques : « un médecin peut réparer les trompes des femmes […] ou pratiquer une fécondation in vitro ».
La stérilisation tubaire à visée contraceptive est autorisée par la loi du 4 juillet 2001 dont voici l’intitulé :

La ligature des trompes ou des canaux déférents à visée contraceptive ne peut être pratiquée sur une personne mineure. Elle ne peut être pratiquée que si la personne majeure intéressée a exprimé une volonté libre, motivée et délibérée en considération d’une information claire et complète sur ses conséquences.
Cet acte chirurgical ne peut être pratiqué que dans un établissement de santé et après une consultation auprès d’un médecin.
Ce médecin doit au cours de la première consultation :

  • informer la personne des risques médicaux qu’elle encourt et des conséquences de l’intervention ;
  • lui remettre un dossier d’information écrit.

Il ne peut être procédé à l’intervention qu’à l’issue d’un délai de réflexion de quatre mois après la première consultation médicale et après une confirmation écrite par la personne concernée de sa volonté de subir une intervention.
Un médecin n’est jamais tenu de pratiquer cet acte à visée contraceptive mais il doit informer l’intéressée de son refus dès la première consultation.

Si la loi souligne l’importance de l’information délivrée par le médecin c’est que les enjeux sont importants pour l’avenir du patient.

La réversibilité des moyens de contraception hormonaux, dispositifs intra utérins au cuivre (stérilet) ou contraceptifs locaux est immédiate dès lors que l’on cesse de les utiliser.
La réversibilité d’une stérilisation tubaire par un acte chirurgical, ou par la fécondation in vitro sont des procédures complexes, exposant à un risque de complication, et dont l’issue est incertaine.
Dans un rapport de la Haute Autorité de Santé publié en 2008, le taux de grossesse après reperméabilisation tubaire chirurgicale est évalué entre 30 et 88% selon les études. Au final seules 25 à 69% des patientes donneront naissance à un enfant vivant, les autres grossesses étant représentées par les grossesses extra utérines et fausses couches.
Les taux de succès de la Fécondation in vitro sont estimés à 40% avant 35 ans, puis diminuent avec l’âge pour se limiter à 10-13% après 40 ans.

Les gynécologues de la clinique Breteche pratiquent des stérilisations tubaires et peuvent orienter vos conjoints vers des confrère urologues pratiquant la vasectomie.

Cette question de la réversibilité est pour nous primordiale. Nous pensons qu’il est pertinent de laisser aux femmes le droit de changer d’avis au cours de leur vie et leur permettre, le cas échéant, d’accéder à la maternité sans avoir à recourir à un parcours du combattant pouvant se solder par un échec dans un nombre non négligeable de cas.La première préoccupation du médecin est de ne pas nuire à son patient. C’est pourquoi nous resterons toujours très mesurés devant une demande de stérilisation formulée par une femme jeune sans enfant.